La réception d’un véhicule neuf ou fraîchement modifié est un moment clé : c’est à cet instant que vous validez que la voiture livrée correspond exactement à ce qui a été commandé, mais aussi qu’elle est conforme au Code de la route et aux normes européennes. Entre les enjeux de sécurité, d’homologation et de valeur de revente, un contrôle rigoureux évite des litiges parfois lourds à gérer plusieurs mois plus tard. Que vous receviez une citadine électrique, un SUV hybride ou un utilitaire transformé en camping-car, chaque détail compte : numéro de série, état de la carrosserie, équipements électroniques, conformité administrative et technique. Une approche méthodique, presque comme une checklist d’inspection aéronautique, permet de sécuriser cette étape cruciale et de prendre la route en toute sérénité.

Préparation administrative avant la réception : bon de commande, procès-verbal de réception (PV), certificat de conformité (COC) et carte grise

Avant même de poser un pied dans le showroom, la préparation administrative conditionne la bonne réception d’un véhicule neuf ou modifié. Le bon de commande est votre référence absolue : il détaille la version, la motorisation, les options, la couleur, les packs (par exemple Pack Drive Assist ou Pack Techno) ainsi que le prix négocié. Au moment de la livraison, chaque élément devra être conforme à ce document. Pour un véhicule déjà homologué par type, le certificat de conformité européen (COC) ou l’attestation d’identification au type CE sert de base à l’immatriculation via l’ANTS et confirme la réception communautaire du modèle.

Dans le cas d’un véhicule importé, d’un utilitaire transformé ou d’un camping-car aménagé, un procès-verbal de réception à titre isolé (PV de RTI) délivré par la DREAL/DRIEAT/DEAL peut être exigé avant d’obtenir la carte grise. Ce document prouve que le véhicule respecte les exigences techniques françaises : sécurité, émissions, freinage, éclairage, etc. À la réception, la carte grise (ou le certificat provisoire d’immatriculation) doit reprendre les bonnes mentions : genre (VP, VASP…), énergie, puissance fiscale, nombre de places. En pratique, c’est le moment idéal pour vérifier que la rubrique K comporte bien un numéro de réception CE cohérent avec le COC et le PV, signe que la mise en circulation a été effectuée dans les règles.

Contrôle statique du véhicule neuf : carrosserie, châssis, VIN, équipements et conformité aux normes CE

Vérification du numéro de série (VIN) sur la plaque constructeur, le châssis et les documents d’immatriculation

Le point de départ d’un contrôle sérieux est le numéro de série, ou VIN (Vehicle Identification Number). Ce code de 17 caractères doit être strictement identique sur la plaque constructeur, le châssis (frappe à froid) et la carte grise. Une discordance, même d’un caractère, peut bloquer une immatriculation, une prise en charge en garantie, voire éveiller des soupçons de fraude ou de vol. Le VIN permet également de vérifier la configuration d’origine auprès du constructeur, notamment pour confirmer qu’un véhicule livré “préparé” n’a pas été bricolé hors cadre.

La plaque constructeur indique également le PTAC, le PTRA, ainsi que parfois la catégorie internationale du véhicule (M1, N1, O2…). Ces informations doivent correspondre à ce qui figure sur le certificat d’immatriculation. Dans le cas d’un véhicule importé ou modifié, le PV de réception individuelle ou l’attestation de vérification des données techniques s’appuie sur ce VIN pour certifier que les essais UTAC et les contrôles DREAL ont bien été effectués sur le bon véhicule. Une vérification minutieuse à la livraison évite des démarches administratives lourdes par la suite.

Inspection de la carrosserie : peinture, alignement des ouvrants, vitrages et détection de micro-rayures ou impacts

L’inspection de la carrosserie, souvent négligée par excitation le jour J, mérite une attention clinique. Sous un bon éclairage, chaque panneau de carrosserie doit être examiné : homogénéité de la peinture, absence de différences de teinte, alignement des pare-chocs, des ailes et du capot. Une peinture légèrement plus mate sur un élément peut trahir une reprise en atelier suite à un incident de transport. Les statistiques des assureurs montrent qu’environ 2 à 3 % des véhicules neufs subissent un dommage logistique avant livraison, d’où l’importance de ce contrôle.

Les vitrages (pare-brise, vitres latérales, lunette) doivent être exempts d’impacts, d’éclats ou de rayures. Un surteintage non conforme (facteur de transmission lumineuse inférieur à 70 % sur les vitres avant) expose à une amende et à une immobilisation du véhicule. Les micro-rayures sur la peinture ou les optiques, perceptibles en lumière rasante, peuvent justifier une réserve écrite sur le bon de livraison. Ce niveau de détail peut sembler excessif, mais un défaut constaté plusieurs jours plus tard est souvent beaucoup plus difficile à faire reconnaître comme antérieur à la livraison.

Contrôle des équipements montés d’usine : jantes, pneumatiques homologués, optiques LED/Xenon, radar et caméra ADAS

La conformité des équipements montés d’usine impacte directement la sécurité et l’homologation. Les jantes doivent correspondre à la dimension inscrite dans la notice descriptive et dans le PV de réception par type. Des pneumatiques non homologués (indice de charge ou de vitesse incorrect, dimensions hors tolérance) peuvent faire perdre la conformité CE du véhicule, et compliquer une expertise en cas d’accident. Pour les optiques LED ou Xenon, la présence de lave-phares et de correcteur d’assiette automatique est obligatoire au-delà d’un certain flux lumineux.

Les systèmes ADAS (radar avant, caméra de pare-brise, capteurs d’angle mort) doivent être physiquement présents lorsque des packs comme Pack Drive Assist ou équivalents ont été facturés. Une absence de radar ou une calandre différente de celle prévue peut révéler qu’une option n’a pas été montée. Les statistiques des réseaux de concession font état de plusieurs dizaines de dossiers d’options manquantes par an pour un grand groupe, d’où l’intérêt de comparer rigoureusement le bon de commande, la facture et l’équipement réellement livré.

Examen de l’habitacle : sellerie, tableau de bord, système multimédia (apple CarPlay, android auto), commandes et connectiques

Dans l’habitacle, la qualité perçue et la conformité aux équipements promis doivent être vérifiées en détail. La sellerie (tissu, cuir, Alcantara) ne doit présenter ni plis prononcés, ni griffures, ni coutures défectueuses. Une garniture de porte mal clipsée ou un jeu excessif au niveau du tableau de bord sont souvent les premiers signes de bruits parasites à venir. Chaque commande doit fonctionner avec un ressenti cohérent (clignotants, lève-vitres, réglage de rétroviseurs, sièges électriques).

Le système multimédia mérite une attention particulière : compatibilité Apple CarPlay et Android Auto, fonctionnement du GPS, reconnaissance vocale, qualité de la connexion Bluetooth. Dans un contexte où plus de 70 % des conducteurs utilisent la connectivité smartphone au quotidien, un dysfonctionnement dès la livraison peut fortement nuire à l’usage. Les prises USB, les prises 12 V et éventuellement les prises 230 V à bord des utilitaires ou camping-cars doivent être testées. Un simple test avec votre téléphone permet de valider alimentation et transfert de données.

Validation des fluides, niveaux et témoins au combiné d’instrumentation (huile, LDR, AdBlue, pression pneus TPMS)

Un véhicule neuf ou modifié doit être livré avec tous les niveaux correctement faits. Sur le combiné d’instrumentation, aucun témoin d’alerte rouge ou orange ne doit rester allumé en permanence (ABS, airbag, pression d’huile, moteur, AdBlue, TPMS). Un message d’erreur dès la première mise du contact est un signal d’alerte sérieux, surtout pour un véhicule qui sort d’aménagement ou de reprogrammation.

La vérification des fluides concerne l’huile moteur, le liquide de refroidissement (LDR), le liquide de frein, le lave-glace, ainsi que l’AdBlue pour les diesels modernes. Une jauge carburant presque vide à la livraison ne pose pas de problème réglementaire, mais un réservoir d’AdBlue en alerte sur un diesel neuf est anormal. En moyenne, un défaut non traité sur un système de dépollution peut entraîner une immobilisation en moins de 2 000 km, autant le détecter tout de suite.

Procédure spécifique pour véhicule modifié ou transformé : reprogrammation moteur, kit carrosserie, châssis, VASP et homologation UTAC

Analyse des modifications mécaniques : reprogrammation ECU (stage 1/2), ligne d’échappement, admission, turbo et freinage

Pour un véhicule modifié, la réception ne se limite pas au visuel : chaque transformation mécanique doit être analysée à l’aune de la réglementation. Une reprogrammation de calculateur moteur (ECU Stage 1 ou Stage 2), un turbo plus dimensionné, une ligne d’échappement décatalysée ou une admission directe modifient les performances, les émissions et le niveau sonore. Sans réception à titre isolé, ces modifications rendent le véhicule non conforme et peuvent annuler la couverture d’assurance en cas de sinistre grave.

À l’inverse, certaines évolutions, comme le montage de disques de frein de plus grand diamètre ou de durites aviation, peuvent améliorer la sécurité, mais sortent malgré tout du cadre de la réception d’origine. Dans ces cas, une homologation UTAC ou une RTI via la DREAL permet de cadrer légalement ces interventions. L’analogie avec un bâtiment est parlante : modifier la puissance moteur sans adapter le freinage, c’est comme surélever un immeuble sans renforcer les fondations.

Contrôle des transformations de carrosserie : kit large type maxton design, pare-chocs AMG line, M performance ou S line

Les transformations esthétiques lourdes (kits larges, pare-chocs AMG Line, M Performance, S line, éléments type Maxton Design) peuvent sembler purement visuelles, mais elles ont un impact sur la sécurité et l’homologation. Un bouclier avant trop bas peut modifier l’angle d’attaque, gêner le fonctionnement des radars ou des capteurs de stationnement, voire contrevenir à la réglementation sur les saillies extérieures. Les bas de caisse, diffuseurs et ailerons ajoutés doivent être correctement fixés et ne pas présenter d’arêtes coupantes.

En cas de transformation profonde (par exemple passage d’un utilitaire tôlé à un véhicule vitré avec découpe de tôle), un contrôle par la DREAL est souvent requis, avec un PV d’agrément de prototype ou de réception individuelle. Pour les amateurs de personnalisation, la ligne de crête est fine entre tuning esthétique toléré et modification structurelle nécessitant homologation. Le jour de la réception, vérifier la qualité des ajustements et la présence de mentions spécifiques sur la facture des pièces montées permet de préserver une traçabilité indispensable.

Vérification du châssis et des trains roulants : combinés filetés, ressorts courts, élargisseurs de voies, jantes non OEM

Les modifications de châssis (ressorts courts, combinés filetés, élargisseurs de voie, jantes de plus grand diamètre) influencent directement la tenue de route et le freinage. Une voiture abaissée de plus de 30 mm par rapport à la hauteur homologuée sort en principe du type CE d’origine. L’utilisation d’élargisseurs de voies peut, au-delà d’un certain seuil, créer des efforts excessifs sur les roulements et les rotules. Sans PV de RTI, l’installation de tels éléments place le véhicule hors cadre réglementaire.

Pour des jantes non OEM, la correspondance des indices (charge, vitesse), du déport (ET) et de la largeur doit être soigneusement contrôlée. Un carrossier ou un préparateur sérieux fournit un dossier technique, voire un procès-verbal d’essai, prouvant que l’ensemble reste compatible avec les normes de freinage et de stabilité. Lors de la réception, une simple observation visuelle permet déjà de détecter des écarts flagrants : roues qui dépassent de la carrosserie, angle de carrossage exagéré, braquage qui frotte les passages de roues.

Conformité réglementaire des transformations : réception à titre isolé (RTI), passage UTAC/DRIRE et mention VASP sur la carte grise

En France, toute transformation notable doit être validée via une réception à titre isolé (RTI) lorsque le véhicule ne relève plus strictement de la réception par type d’origine. La DREAL ou la DRIEAT vérifie le véhicule, s’appuie si besoin sur des essais techniques UTAC, puis délivre un PV de réception. Ce document est ensuite utilisé pour mettre à jour la carte grise, par exemple pour ajouter la mention VASP (Véhicule Automoteur Spécialement Aménagé) ou modifier le genre national.

Le processus peut paraître lourd, mais il sécurise juridiquement propriétaire, constructeur et assureur. D’après les données de l’administration, plusieurs milliers de RTI sont délivrées chaque année, notamment pour les camping-cars, ambulances, fourgons funéraires et véhicules transport de personnes à mobilité réduite. En cas de contrôle routier ou d’accident grave, l’absence de conformité RTI sur un véhicule clairement transformé peut être assimilée à une mise en circulation irrégulière.

Cas des utilitaires et camping-cars aménagés (volkswagen california, peugeot boxer L3H2, renault master) : ancrages, gaz, électricité

Les utilitaires aménagés et camping-cars (Volkswagen California, Peugeot Boxer L3H2, Renault Master transformé, etc.) nécessitent une vigilance particulière. Les ancrages des sièges supplémentaires et des ceintures doivent être réalisés sur des points renforcés, souvent définis par le constructeur via des notices d’aménagement. Les installations gaz (cuisinière, chauffage) doivent respecter des normes strictes de ventilation, d’implantation des bouteilles et de coupure d’urgence.

Le réseau électrique secondaire (batterie auxiliaire, convertisseur 230 V, chargeur, panneaux solaires) doit être protégé par des fusibles et des sectionneurs correctement dimensionnés. Dans ce type de véhicule, l’homologation VASP via RTI est quasiment systématique, avec des contrôles dimensionnels, de poids (pesée), et de stabilité. Une fois le PV obtenu, la carte grise est mise à jour avec la nouvelle carrosserie (par exemple VASP Caravane). Le jour de la réception, contrôler physiquement chaque élément (ouvrants, meubles, points de fixation) permet de s’assurer que l’aménagement ne compromet ni la sécurité, ni la charge utile.

Essai dynamique à la livraison : test routier, comportement, bruits parasites et validation des assistances à la conduite

Test de roulage à basse et haute vitesse : direction, boîte de vitesses BVM/BVA, embrayage, freinage et tenue de cap

Un essai routier à la livraison n’est pas un luxe, c’est une forme de “recette” du véhicule. À basse vitesse, la direction doit être précise, sans point dur ni jeu, la boîte de vitesses (BVM ou BVA) doit passer les rapports en douceur, l’embrayage ne doit ni patiner ni présenter de bruits anormaux. Un freinage à vitesse modérée permet d’identifier d’éventuelles vibrations au volant ou au pédalier, signes d’un disque voilé ou d’un problème de montage.

Sur une portion de route rapide, la voiture doit tenir son cap sans correction permanente, même en cas de vent latéral. Une dérive prononcée à gauche ou à droite peut indiquer un défaut de géométrie ou une pression de pneus incorrecte. Les données de satisfaction client montrent que les problèmes de confort de roulage dans les 1 000 premiers kilomètres sont parmi les principaux motifs de retour en atelier, d’où l’intérêt de les détecter dès la réception.

Détection de bruits anormaux : claquements de train roulant, sifflement de turbo, bruits aérodynamiques et vibrations parasites

Lors du test, chaque bruit inhabituel doit attirer l’attention : claquement sur les dos-d’âne (silentblocs, amortisseurs), ronronnement sourd en ligne droite (roulements), sifflement marqué à l’accélération (turbo, courroie accessoire), sifflements d’air à haute vitesse (mauvaise étanchéité de porte ou de vitrage). Une vibration résonnant dans l’habitacle à une vitesse précise peut trahir un équilibrage de roues insuffisant ou un élément mal fixé dans la planche de bord.

Les études de qualité perçue montrent qu’un bruit parasite mal géré dégrade beaucoup plus la satisfaction globale que de petits défauts esthétiques. L’analogie avec un appartement neuf est pertinente : un léger défaut de peinture se corrige facilement, un craquement structurel persistant peut devenir obsédant. En signalant tout bruit anormal dès la livraison et en le consignant sur le bon de livraison, il est plus simple d’obtenir une prise en charge rapide.

Validation des systèmes d’aide à la conduite (ADAS) : régulateur adaptatif, maintien dans la voie, freinage automatique d’urgence

Les systèmes d’aide à la conduite (ADAS) sont désormais omniprésents : régulateur adaptatif, maintien dans la voie, freinage automatique d’urgence (AEB), reconnaissance des panneaux, alerte de franchissement de ligne. À la réception, une activation concrète de ces systèmes est recommandée : test du régulateur adaptatif sur voie rapide, observation du maintien de voie sur marquages nets, vérification de l’affichage des limitations de vitesse.

Un message de type “capteur indisponible” ou “système d’assistance limité” dès les premiers kilomètres doit être pris très au sérieux. Une mauvaise calibration de caméra après remplacement de pare-brise, ou un radar mal aligné après montage d’un kit carrosserie peut totalement désactiver ces fonctions. Or, dans de nombreux contrats d’assurance, la présence effective de ces systèmes est intégrée dans la tarification, ce qui renforce l’importance de vérifier leur bon fonctionnement réel, pas seulement leur présence théorique.

Contrôle des boîtes automatiques (EAT8, DSG, EDC, ZF8) et des modes de conduite (eco, comfort, sport, individual)

Les boîtes automatiques modernes (EAT8, DSG, EDC, ZF8…) sont complexes et jouent un rôle majeur dans l’agrément comme dans la consommation. À la livraison, un fonctionnement fluide est impératif : pas de gros à-coups au passage de rapport, pas de glissement excessif, pas de retard important entre action sur l’accélérateur et réaction du véhicule. Un bruit de claquement en passage de marche avant à marche arrière doit être signalé immédiatement.

Les modes de conduite Eco, Comfort, Sport ou Individual doivent produire une différence sensible sur la réactivité moteur/boîte, la direction et parfois l’amortissement piloté. Si les changements de mode semblent inopérants, une calibration électronique peut être à revoir. La tendance actuelle à l’hybridation légère (mild-hybrid 48 V) ajoute une couche de complexité : les phases d’extinction/redémarrage moteur doivent être quasiment imperceptibles, sans à-coup ni trou de puissance.

Spécificités des véhicules électriques (renault mégane E-Tech, tesla model 3, peugeot e-208) : récupération d’énergie et silence de fonctionnement

Pour les véhicules électriques (Renault Mégane E-Tech, Tesla Model 3, Peugeot e-208, etc.), la réception dynamique présente quelques particularités. La récupération d’énergie au freinage (mode B ou “one-pedal”) doit fonctionner de manière prévisible et homogène. Une transition brusque entre frein moteur électrique et freinage hydraulique peut signaler un problème de calibration ou un capteur défaillant.

Le silence de fonctionnement est un atout, mais aussi un révélateur : le moindre grincement de planche de bord, de garniture de porte ou de train roulant devient immédiatement perceptible. Le jour de la réception, il est pertinent de vérifier l’autonomie affichée à 100 % de charge par rapport à la capacité annoncée dans la documentation : même si un écart existe naturellement, des divergences très importantes peuvent justifier une vérification du logiciel de gestion de batterie ou du pack lui-même.

Vérifications techniques propres aux motorisations thermiques, hybrides et électriques lors de la réception

Chaque type de motorisation impose des contrôles ciblés au moment de la réception. Pour un moteur thermique essence ou diesel, le démarrage à froid doit être franc, sans ratés ni fumées anormales. Une fumée bleue évoque une consommation d’huile, une fumée noire un problème de richesse ou de dépollution, une fumée blanche persistante un éventuel souci de joint de culasse. Le ventilateur moteur doit se déclencher normalement après quelques minutes de stationnement, signe que la gestion de température fonctionne.

Pour un hybride ou hybride rechargeable, la transition entre mode électrique et thermique doit rester fluide. Un à-coup prononcé à chaque démarrage du moteur thermique peut signaler un calibrage imparfait ou un souci de transmission. Les statistiques récentes montrent que les pannes hybrides les plus fréquentes concernent la batterie haute tension et les composants de gestion de puissance, d’où l’intérêt de vérifier l’absence de messages d’alerte spécifiques au système hybride. Sur un véhicule électrique, l’état de la borne de charge fournie, du câble de recharge (mode 2 ou 3) et du port de charge doit être vérifié, tout comme la capacité à lancer une charge sur borne publique ou wallbox domicile.

Un contrôle visuel rapide du compartiment moteur (câblage correctement fixé, absence de fuite, durites bien emmanchées) complète ce panorama. Pour les motorisations thermiques récentes avec AdBlue, un défaut du système SCR peut provoquer, après un nombre de kilomètres définis, un blocage de démarrage : un message dès la livraison doit être pris au sérieux. Pour les électriques et hybrides rechargeables, le bon fonctionnement du système de refroidissement de batterie est essentiel à la durée de vie du pack et aux performances de recharge rapide.

Check-list documentaire et contractuelle : garantie constructeur, extensions, contrat LOA/LLD et livret d’entretien

Lecture détaillée du bon de livraison : options, packs (pack drive assist, pack techno), remises et accessoires facturés

Le bon de livraison, souvent signé rapidement, mérite une lecture attentive. Chaque option, pack (comme Pack Drive Assist, Pack Techno ou équivalent), couleur, jante, sellerie doit être listé et cohérent avec le bon de commande et le véhicule présent sous vos yeux. Les remises commerciales, accessoires offerts ou facturés (tapis, attelage, barre de toit, alarme) doivent être clairement indiqués, car ce document pourra servir de preuve en cas de contestation ultérieure.

Une attention particulière doit être portée aux éventuelles remarques manuscrites : mention d’un accessoire en attente, d’une rayure à reprendre, d’un passage en atelier planifié. Ces éléments, s’ils sont datés et signés, structurent la relation avec le vendeur sur les jours et semaines suivant la livraison. En l’absence de trace écrite, une promesse verbale est beaucoup plus difficile à faire valoir.

Validation des garanties : garantie constructeur, garantie mobilité, extension de garantie et contrats d’entretien

La garantie constructeur, généralement de 2 à 7 ans selon les marques et les marchés, constitue votre filet de sécurité principal. Sa durée, son kilométrage et ses exclusions doivent être clairement présentés. Certaines marques incluent une garantie mobilité (dépannage, véhicule de remplacement) qui s’active dès la livraison, ce qui peut être décisif en cas de panne précoce. Une extension de garantie ou un contrat d’entretien peuvent aussi avoir été souscrits : leur durée, le nombre de kilomètres couverts et les prestations incluses méritent d’être vérifiés.

Pour les véhicules électriques, la garantie batterie est souvent distincte (par exemple 8 ans ou 160 000 km avec un seuil de capacité minimale de 70 %). Ce paramètre impacte fortement la valeur de revente et le coût total de possession. Pour un véhicule modifié, il est essentiel de clarifier par écrit ce qui reste couvert : une reprogrammation moteur non reconnue par le constructeur peut entraîner une exclusion de garantie sur le groupe motopropulseur, même si le reste de la voiture demeure couvert.

Contrôle des documents remis : certificat de conformité, notice d’utilisation, carnet d’entretien (tamponné) et double de clés

La remise d’un véhicule doit toujours s’accompagner d’un ensemble minimum de documents : certificat d’immatriculation (ou CPI), certificat de conformité (ou attestation équivalente), notice d’utilisation, carnet d’entretien, ainsi que le double de clés. Le carnet d’entretien, même numérique, doit mentionner la date de mise en circulation, et éventuellement les opérations déjà effectuées (pré-livraison, campagnes de rappel).

Le double de clés est un élément à forte valeur : en cas de perte d’une clé principale, le coût de remplacement peut atteindre plusieurs centaines d’euros, voire plus de 1 000 € pour certains modèles haut de gamme avec clé mains-libres. La remise d’un code d’autoradio, de codes PIN pour certains services connectés ou de la carte d’urgence d’un système de géolocalisation (alarme, tracking) doit également être vérifiée. Un véhicule moderne sans ses codes et documents est un peu comme un smartphone haut de gamme sans mot de passe ni chargeur : utilisable, mais très vite limité.

Spécificités en cas de LOA/LLD (arval, ALD, DIAC) : état initial, grille de restitution, kilométrage contractuel et frais potentiels

Pour un véhicule en LOA ou LLD (via Arval, ALD, DIAC ou un autre loueur), la réception conditionne aussi la future restitution. Un état des lieux initial détaillé, avec relevé des éventuels micro-défauts cosmétiques, permet de limiter les litiges en fin de contrat. La grille de restitution, qui définit ce qui est considéré comme usure normale ou dommage facturable, doit être remise et expliquée.

Le kilométrage contractuel annuel et total doit être en cohérence avec vos usages réels : un dépassement significatif peut générer des frais parfois élevés (quelques centimes d’euro par kilomètre excédentaire). L’ajout d’options de type attelage, kit carrosserie, reprogrammation, sans validation du loueur, peut être interdit contractuellement et engendrer des frais de remise en état à la restitution. Une clarification écrite sur ce qui est autorisé ou non en matière de modifications protège le conducteur comme l’entreprise cliente.

Traçabilité numérique : activation des services connectés (MyBMW, MyPeugeot, MyRenault, MyAudi) et mises à jour OTA

Les services connectés prennent une place croissante dans l’expérience utilisateur. L’activation des applications MyBMW, MyPeugeot, MyRenault, MyAudi ou équivalentes permet de suivre à distance l’entretien, la pression des pneus, la localisation du véhicule, voire de lancer un préchauffage ou une charge sur un modèle électrique. La réception est le moment idéal pour associer le véhicule au compte utilisateur, avec l’aide éventuelle de la concession.

Les mises à jour OTA (Over The Air) deviennent courantes, notamment pour corriger des bugs, améliorer l’autonomie des véhicules électriques ou ajouter des fonctions (ADAS, infotainment). Un véhicule dont le logiciel n’a jamais été mis à jour peut être moins efficient, moins sécurisé et moins compatible avec les smartphones récents. Une vérification de la version logicielle et des mises à jour disponibles fait désormais partie intégrante d’une réception moderne, au même titre que le contrôle de pression des pneus ou du liquide de frein.

Constat des défauts, réserves sur le bon de livraison et recours en cas de non-conformité ou vice caché

Lorsque des défauts, des manques ou des non-conformités sont constatés le jour de la réception, la rédaction de réserves détaillées sur le bon de livraison est une étape cruciale. Chaque anomalie doit être décrite précisément (emplacement, nature, gravité) et idéalement accompagnée de photos datées. Ce document, signé par les deux parties, constitue la base de toute demande de reprise, de réparation ou de remise commerciale. En pratique, un défaut mentionné par écrit dès la livraison est bien mieux pris en charge qu’un problème signalé oralement plusieurs semaines plus tard.

En cas de non-conformité majeure (version livrée différente, option essentielle manquante, défaut de sécurité manifeste), plusieurs recours sont possibles : mise en conformité via réparation ou remplacement, annulation de la vente, indemnisation partielle. Les garanties légales de conformité et contre les vices cachés offrent un cadre protecteur, mais leur mise en œuvre peut être longue. Un courrier recommandé détaillant les faits, accompagné de copies du bon de commande, du bon de livraison et des éventuels rapports techniques (DREAL, UTAC, expert indépendant), renforce la solidité du dossier. De manière générale, une réception de véhicule neuve ou modifiée documentée, structurée et factuelle met le propriétaire dans une position nettement plus favorable en cas de litige ultérieur.